Le décret n° 2026-764 a tranché : depuis le 12 août 2026, la voie par équivalence est supprimée pour les nouveaux candidats VTC. Cette fermeture change radicalement le calcul pour quiconque envisageait d’obtenir la carte professionnelle sans passer l’examen. Nous analysons ici ce que cette évolution implique concrètement, selon votre profil et votre calendrier d’entrée dans le métier.
Décret n° 2026-764 : ce que la fin de l’équivalence VTC modifie dans le parcours d’accès
L’équivalence permettait aux professionnels justifiant d’au moins un an d’expérience dans le transport de personnes de demander la carte VTC sans passer l’examen. La plateforme officielle demarche.numerique.gouv.fr, qui centralisait ces demandes, est désormais fermée.
Le nouveau décret aligne les VTC et les VMDTR (véhicules motorisés à deux ou trois roues de transport) sur une logique commune : l’examen d’accès devient le seul sésame. Aucune passerelle par l’expérience ne subsiste dans les cas ordinaires.
Pour les dossiers déposés avant la date butoir, l’instruction suit son cours selon les anciennes règles. En revanche, tout nouveau candidat doit obligatoirement se présenter à l’examen, quelle que soit son ancienneté dans le transport.
Profils concernés par la suppression de l’équivalence VTC
La fermeture de l’équivalence touche principalement trois catégories de candidats qui auraient pu en bénéficier jusqu’ici.
- Les anciens chauffeurs de taxi titulaires d’une licence ou ayant exercé plus d’un an, qui envisageaient une reconversion rapide vers le VTC sans repasser par la case examen.
- Les conducteurs de transport léger de personnes (capacité de transport de moins de 9 personnes) ayant accumulé une expérience significative sur le terrain.
- Les professionnels du tourisme ou de l’hôtellerie disposant d’une expérience documentée dans l’accompagnement de clientèle en véhicule.
Pour ces profils, la stratégie d’entrée par reconnaissance d’expérience n’existe plus. La formation suivie d’un examen est désormais le seul parcours légal.

Formation VTC classique : contenu de l’examen et préparation réelle
L’examen VTC comporte une épreuve théorique et une épreuve pratique. La partie théorique couvre la réglementation du transport de personnes, la gestion d’entreprise, la sécurité routière, le français et l’anglais. La partie pratique évalue la conduite et la relation client.
Nous observons que la confusion entre « formation » et « examen » reste fréquente. La formation n’est pas obligatoire en soi : c’est la réussite à l’examen qui conditionne la délivrance de la carte. Un candidat peut théoriquement se présenter en candidat libre.
Candidat libre ou centre de formation agréé
Se présenter sans préparation structurée reste risqué. Les taux de réussite varient fortement selon les centres et les sessions. Un centre de formation agréé propose généralement un programme de plusieurs semaines couvrant l’ensemble des matières de l’examen.
Le financement via le CPF reste possible pour les formations éligibles. Pôle emploi (France Travail) peut également prendre en charge tout ou partie du coût selon la situation du candidat. Vérifiez l’éligibilité CPF avant de vous engager auprès d’un centre, car tous les organismes ne sont pas certifiés Qualiopi.
Le dossier administratif, un parcours en soi
Réussir l’examen ne suffit pas. Le dossier de demande de carte professionnelle exige plusieurs pièces dont la constitution prend du temps :
- Un permis de conduire en cours de validité avec l’ancienneté requise.
- Un certificat médical CERFA attestant l’aptitude physique, délivré par un médecin agréé par la préfecture.
- Un extrait de casier judiciaire vierge (bulletin n° 2) prouvant l’honorabilité du candidat.
- L’inscription au registre des exploitants VTC, étape souvent sous-estimée mais obligatoire pour exercer.
Les délais d’instruction varient selon les départements et peuvent s’étendre sur plusieurs mois. Nous recommandons de constituer le dossier en parallèle de la formation pour éviter un temps mort entre la réussite à l’examen et le début effectif de l’activité.
Coût réel du parcours VTC après la fin de l’équivalence
Le calcul économique a changé. L’équivalence, avant sa suppression, impliquait un dossier administratif et des frais de constitution, mais pas de formation payante. Désormais, le budget total inclut obligatoirement la préparation à l’examen, le certificat médical, les frais de dossier préfectoral et l’inscription au registre.
Les tarifs des centres de formation varient considérablement selon la durée du programme, la localisation et les options (cours en présentiel, e-learning, stages pratiques). Un écart de prix ne reflète pas toujours un écart de qualité : comparez les taux de réussite publiés et le contenu pédagogique avant de choisir.
Pour les candidats en reconversion, le montage financier (CPF, France Travail, autofinancement) devient un critère de décision aussi déterminant que le choix du centre lui-même.

Créer son entreprise VTC : l’étape que la carte seule ne couvre pas
Obtenir la carte professionnelle VTC ne signifie pas pouvoir exercer immédiatement. L’inscription au registre des exploitants VTC auprès du ministère chargé des transports est un prérequis distinct. Sans cette inscription, le chauffeur exerce illégalement, même avec une carte en poche.
La création de la structure juridique (micro-entreprise, SASU, EURL) conditionne également le démarrage de l’activité. Chaque statut a des implications fiscales et sociales différentes, et le choix mérite une analyse adaptée au volume d’activité envisagé.
Avec la suppression de l’équivalence, le temps total entre la décision de devenir VTC et le premier client s’allonge mécaniquement. Entre la formation, l’examen, le dossier préfectoral, l’inscription au registre et la création d’entreprise, plusieurs mois de préparation sont réalistes. Anticiper chaque étape en parallèle, plutôt qu’en séquence, reste la meilleure façon de raccourcir ce délai.

